lundi 19 novembre 2007

You... Teub !

Angoisse de l’écran blanc…Comment décroiser les jambes pour la première fois sans perdre la face ? Parce que les trucs de filles ce n’est pas trop mon quotidien en ce moment. Non que je sois partie vers d’autres délires identitaires mais ma vie professionnelle tendrait à s’accorder sur le genre masculin et plutôt au pluriel…
Je me souviens ainsi de ce délicieux après-midi de janvier consacré à la littérature, c’était beau comme un théma Lagarde et Michard, lorsque mon rédac-chef lança un bel oxymore dans ma vie à travers mon Mac, euh, mon ordi s’entend. «Eh, dis donc, j’ai un article pour toi en urgence et même un dossier complet», excellent challenge pensais-je et je n’avais pas tout vu puisqu’il fallait jouer vraiment à être dans la peau d’Un autre.
Pas l’inénarrable Malkovich, ça m’aurait branchée, non, non. Il s'agissait plutôt de l’œil du cyclope mâtiné de vieux relents de Mylène Farmer , bref je vous lâche le titre de la Chose : «You teub».
Si, si… Intraduisible tel quel mais plus qu’explicite. En clair, je devais parler de ces attributs masculins que je n’aurais jamais ! Misère…
Les premières minutes furent douloureuses et la muse ne me visita pas. Franchement comment parler de ça sans virer Mimile le camionneur ou Docteur Ruth avec ses glaces métaphoriques ? Et puis je pris conscience du cadeau immense qui m’était consenti : après tout les petites filles ne bisquent-elles pas toute leur vie parce qu’elles n’en ont pas ? Sacré Sigmund, va !
Donc me voilà partie pour boucler un dossier de six pages (10 000 signes) en trois heures chrono. C’est là que l’idée première «plaisir d’offrir, joie de recevoir» prit tout son sens : emballer le service trois pièces pour mieux le détailler…
Je passais dès lors une délicieuse après-midi à surfer au milieu des strings "jackstrap", des boxers imprimés python (pour les fans de Sailor et Lula ?), des caleçons blancs immaculés de Brad Pitou (autres lieux, autres fights en perspective) et même des excès fluos de Borat pour finir par dénicher la VRAIE culotte Bridget Jones des mecs (grâce à un mien ami que je ne remercierai jamais assez pour son aveu honteux) : le slip kaki de l’armée rouge que l’on peut trouver dans tout bon surplus militaire soucieux de mettre au chaud ses troupes… Hum.
Après ces accessoires plus que sexy, il me fallut passer au côté esthétique de la chose. S’en suivit un papier éprouvant et bien documenté mais, paraît-il, cauchemardesque, sur l’épilation des parties délicates et les résultats plus que médiocres de cette expérience extrême : une allure d’acteur X, des boutons rouges voire des poils incurvés... Yurk !
J’avoue que je commençais vraiment à m’amuser… Et puis le temps passait et il me fallait boucler cet étonnant voyage pendant lequel je vagabondais sainement entre courgettes, poireau et autres légumes oblongs ; que du bio et du bon.
Mais j ’étais bien ennuyée car j’avais tout de même l’impression de ne pas dépasser le ras des pâquerettes, euh de la moquette, enfin, on se comprend !
C’est là que le 7e Art me fit une fleur : inventorier tous les films dans lesquels «Popol se faisait une toile», c’était vraiment cool et un minimum cul-turel… Ah la course de préservatifs fluos, oh le gel de Mary qui veut se coiffer à tout prix , wizz Ben Stiller qui voit tout Village People défiler pour le sortir de son mauvais zip, jusqu’à Ellen Barkin qui voulait nous faire croire qu’elle avait été un homme avant que la foudre ne l’atteigne… Bigre, que de mâles fort "rétribués" dans cette industrie Hollywoodienne !
C’est avec ce magnifique paradoxe sexotemporel que je conclus le dossier qui m’avait donné plus de sueurs froides qu’à un Jack Bauer super charrette et, dans le crépuscule de cette froide soirée de janvier, me revint ce dont je n’avais jamais douté : non, l’homme ne sera jamais une femme comme les autres (avec une pensée émue et respectueuse pour le verso de De Caunes sur l’affiche du film sus-cité, n’est-ce pas les filles ?)...

1 commentaire:

Macho féministe a dit…

"non, l’homme ne sera jamais une femme comme les autres" : mais alors, rassurée ou pas ?